Lettre à mon fils de 12 ans (et à l’enfant que vous avez oublié d’être)
Pourquoi je ne te souhaite pas de réussir du premier coup.

Clac.
Roulement sourd sur le bitume.
Silence (le temps de la suspension).
Boum.
Je suis assis sur le bord du bowl au skatepark. Je te regarde.
Tu viens de rater ton Kickflip. Encore.
C’est la trentième fois consécutive.
Je vois ton visage se fermer. Je vois la frustration monter, ce mélange de rage et de déception qui te donne envie de jeter ta planche contre le mur.
En tant que père, une partie de moi (la partie “tendre”) a envie de venir te dire : “C’est pas grave, arrête, on rentre, tu vas encore te faire mal.”
Mais je reste assis. Je ne bouge pas.
Parce que mon devoir de père n’est pas de t’éviter la chute.
C’est de t’apprendre à l’aimer.
C’est de t’apprendre à faire face à l’échec et à la frustration.
C’est de t’apprendre à construire ce chemin vers tes rêves qui rendra ta réussite inévitable.
Parce que ce que tu es en train de vivre sur ce morceau de bois à roulettes, c’est exactement ce que je vis chaque jour derrière mon ordinateur alors que je code ou dans mes entreprises.
Et j’ai quelques choses à te dire. À toi, mon fils de 12 ans.
Mais aussi à l’enfant que la plupart des adultes qui me lisent ont, tragiquement, oublié d’être.
L’erreur n’est pas un verdict. C’est une Data, un signal.
À l’école, on t’apprend que quand tu fais une erreur, tu as une note rouge. C’est mal. C’est une punition. On te fait croire insidieusement au fil du temps que l’erreur définit qui tu es : “Tu es mauvais”.
C’est le plus gros mensonge du système.
Regarde ta planche. Quand tu rates ta figure, est-ce que ça veut dire que tu es nul ?
Non.
Ça veut juste dire que l’angle de ton pied avant était décalé de 2 centimètres. Ou que ton poids était trop sur l’arrière.
C’est comme quand je code une application.
Si le programme plante, je ne me dis pas “Je suis nul”. Je me dis : “Tiens, il y a un bug à la ligne 42”.
Je corrige la ligne. Je relance.
Encore et encore.
L’échec n’est pas un jugement moral. C’est une information. C’est de la donnée brute.
C’est le monde réel qui te dit : “Pas comme ça. Essaie encore. Ajuste la fréquence.”
C’est le signal qui va te permettre de corriger ta trajectoire.
C’est un feedback de l’univers qui t’indique le chemin vers le succès.
Et je ne te souhaite pas de réussir du premier coup.
Ceux qui réussissent tout du premier coup sont fragiles. À la première vraie tempête, ils cassent. Et il leur est d’autant plus difficile de se relever qu’ils n’ont jamais connu ce sentiment particulier que procure un échec.
Je te souhaite de tomber mille fois. Mais surtout de te relever mille-et-une fois.
Car celui qui ne tombe pas, c’est celui qui est resté assis sur le banc à regarder les autres vivre.
Le piège mortel de la “Coolitude”
Je sais qu’à 12 ans, le regard des copains, c’est ton univers.
Tu as peur d’être “cringe”. Tu as peur d’être différent. Tu veux les mêmes chaussures, la même coupe, les mêmes codes.
Je vais te confier un secret terrifiant : la plupart des adultes n’ont jamais dépassé ce stade.
Ils ont juste remplacé les baskets de marque par une voiture allemande.
Ils ont remplacé la cour de récré par l’Open Space.
Ils ont remplacé la peur d’être “cringe” par la peur de ne pas avoir la même maison cubique que le voisin, le même écran plasma et le même barbecue le dimanche midi.
Ils ont sacrifié leur flamme au profit de la conformité.
Ils sont devenus des NPC (Non-Playable Characters). Des personnages d’arrière-plan dans leur propre jeu vidéo.
Je l’ai remarqué lorsque j’avais ton âge, et je me suis toujours promis que jamais je ne finirai comme ça.
Et c’est ainsi que
“Prends toutes tes décisions aujourd’hui de manière à ne pas avoir de regrets demain”
est devenu la première de mes devises. Et j’aimerais que toi aussi tu fasses un bout de chemin avec.
Ne tombe pas dans le panneau.
La “coolitude”, c’est la prison.
La vraie liberté, c’est d’être soi, authentiquement et inconditionnellement. C’est d’être capable de s’autoriser à être ridicule. C’est d’essayer un truc nouveau, de se planter, d’avoir l’air bête, et de recommencer avec le sourire.
C’est ça, Shoshin, l’esprit du débutant, le préalable à l’apprentissage.
Le vieux maître parlait d’humilité, et peu ont compris que c’est le seul chemin vers la perfection et l’émerveillement.
N’écoute pas les adultes (Sauf ceux qui brillent)
On te dit souvent : “Écoute tes aînés.”
Je vais te dire l’inverse : N’écoute personne.
Même pas moi, juste parce que je suis ton père.
Le monde est rempli de gens qui vont te donner des conseils sur comment vivre, comment faire, sur ce qui est bon pour toi… Alors qu’ils détestent leur propre vie.
Ils vont te dire de “jouer la sécurité”, alors qu’ils meurent d’ennui à petit feu.
N’écoute que ceux qui brillent.
N’écoute que ceux qui t’inspirent.
N’écoute que ceux que tu respectes et qui sont dignes de respect, ceux qui incarnent ce qu’ils disent, ceux qui vraiment “walk the talk”.
Observe les adultes autour de toi. Regarde leurs yeux.
Est-ce qu’ils pétillent ? Est-ce qu’ils ont de l’énergie ? Est-ce qu’ils sont passionnés, même s’ils sont fatigués ? Respirent-ils le bonheur, la joie et l’optimisme ?
Si la réponse est oui, alors écoute-les. Aspire leur savoir comme une éponge. Écoute ce qu’ils ont à dire, inspire toi de leur chemin.
Si leurs yeux sont éteints, souris poliment, et passe ton chemin. Trace ta propre courbe, suis ton propre signal.
Et vous, où est passé votre skateboard ?
Je plie cette lettre imaginaire. Je me tourne vers vous, qui me lisez.
Vous avez probablement 30, 40 ou 50 ans.
Vous avez des responsabilités, des factures, un “statut”.
Mais où est passé l’enfant qui n’avait pas peur de se raper les genoux ?
Quand avez-vous accepté de “tomber” pour la dernière fois pour apprendre quelque chose de nouveau ?
On pense qu’en vieillissant, on doit devenir sérieux. On doit se “stabiliser”.
C’est faux. Il n’y a aucune loi naturelle qui vous l’impose. C’est simplement une reddition face au conditionnement, un bug dans votre programmation mentale.
La vie n’est pas une ligne droite vers la retraite. C’est un immense skatepark.
Et tant que vous respirez, il n’est pas trop tard pour remonter sur la planche.
Il n’est pas trop tard pour lancer ce projet “ridicule”.
Il n’est pas trop tard pour changer de carrière.
Il n’est pas trop tard pour redevenir le héros de votre propre jeu.
Alors, faites-moi une faveur cette semaine.
Trouvez un endroit où vous êtes “nul”. Un endroit où vous êtes débutant.
Et allez-y.
Tombez.
Et relevez-vous en riant.
C’est là que la vie recommence.
À votre audace,
Nicolas ❤️👊
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